Angela Teixeira, trieuse à la Tonnellerie Berthomieu Ermitage
La spécialiste du fond !
Il n’y a qu’à prononcer son prénom pour avoir envie de chanter ce refrain des Saïan Supa Crew sorti à l’été 99. Angela Teixeira, salariée de la Tonnellerie Berthomieu / Ermitage depuis 2007, sera officiellement à la retraite le 1er août. Un nouveau chapitre à écrire à deux avec son mari Gérard.
1er juillet 2026, il est environ dix heures lorsque je rejoins Angela dans les locaux des Ateliers du Chêne, à Saint-Martin-du-Puy, dans le Morvan. La veille, l’équipe de France de Didier Deschamps avait infligé un 3 à 0 sans appel à l’équipe de Suède. « Je n’ai pas vu la fin, me dit Angela, à 23h je suis au lit en général. Tous les matins je me lève aux aurores, vers 4h. J’ai pris connaissance du score ce matin, ça m’a fait plaisir ». Depuis un an, presque jour pour jour ce 1er juillet, Angela et Patricia, trieuses à la Tonnellerie Berthomieu Ermitage font le trajet de La Charité-sur-Loire à Saint-Martin-du-Puy pour prendre leur poste au sein du CUB (Centre d’Usinage Bois), implanté aux Ateliers du Chêne. « Avec Patricia, on se rejoint tous les matins à 5h30. On pointe et on prend la route pour une heure trente environ. On se relaie au volant. On discute de nos vies, nos familles, les petits tracas du quotidien, on rigole aussi, heureusement. Ça nous a rapproché un peu plus encore. On s’entend bien avec Patricia ».
De la Côte d’Or à la Nièvre
Angela est arrivée par hasard chez Charlois. À l’occasion d’une mission intérim chez Nièvre Merrain. « Avec mon mari, nous avons quitté notre Côte-d’Or natale pour des raisons personnelles. Le hasard et le travail nous on fait atterrir dans la Nièvre. C’est comme ça que je suis arrivé à Varzy, chez Nièvre Merrain ». Une expérience pas vraiment nouvelle pour Angela. « Pendant vingt ans, j’ai trié du bois, celui avec lequel on fait les parquets. Je connaissais un peu la matière même si le merrain, c’est complètement autre chose. C’est de la première transformation, on ne traque pas les mêmes défauts ». La vie loin de la famille n’est pas tous les jours facile. Logés dans le quartier Saint-Laurent à Cosne, Angela et Gérard retournent tous les week-ends dans leur village, près de Châtillon-sur-Seine. « On a fait ça pendant un an. On partait le vendredi soir et on rentrait le dimanche soir. Jusqu’à ce que nous fassions l’acquisition de notre maison à Alligny-Cosne. On a choisi une grande maison avec cinq chambres pour accueillir la famille, les amis ».
De Varzy à La Charité
Bien que les tâches soient physiques, la station debout obligatoire, Angela aime son travail. « Trier le bois, ça n’a pas l’air comme cela, mais c’est une responsabilité. Un mauvais choix peut avoir des répercussions lors de la production des fûts, ou pire dans la cave du vigneron ». Alors qu’elle commence à apprivoiser le chêne, des problèmes de santé viennent bouleverser le quotidien et la vie d’Angela. « J’ai eu la chance d’avoir une écoute attentive et un soutien important de la part de la DRH. C’était Francette à l’époque. J’ai intégré l’effectif de le Tonnellerie Berthomieu en 2009, au tri des fonds ». Entre deux souvenirs, Angela évoque Geneviève, Francette et Denis Charlois qu’elle a connu. « Il nous rendait souvent visite à la tonnellerie, presque tous les jours, se souvient-elle ». Pour Angela et Gérard, c’est la vie en pente douce, tranquille. Entre le travail, la famille, les amis, les enfants. Entre la Nièvre et la Côte d’Or.


On dirait le CUB
Après Nièvre Merrain, à Varzy, la Tonnellerie Berthomieu à la Charité, c’est sur les terres du Morvan qu’Angela va vivre une nouvelle expérience, aux Ateliers du Chêne. « La partie usinage des douelles et appareillage des fonds ont été déménagées à Saint-Germain-du-Puy. Avec Patricia, on nous a proposé de poursuivre l’aventure là-bas. C’est un peu loin, mais on s’est dit pourquoi-pas. On nous a demandé de former des collègues dans l’apprentissage de ces nouveaux métiers. C’est une forme de reconnaissance, une marque de confiance. Ça ne se refuse pas. C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux lieux, de nouveaux collègues. La mission au départ était de quelques mois. Un an après nous sommes encore là. C’est qu’il y avait besoin. On s’y fait. On n’est plutôt pas mal ici. Je ne connaissais pas le Morvan, je découvre. Une chose est sûre cependant, c’est que je vais terminer ma carrière chez Charlois ici, bien entourée. Il y a des entreprises que l’on quitte avec plaisir, et d’autres avec un pincement au cœur. C’est le cas pour Charlois. J’ai passé de belles années dans cette boîte. J’ai presque trouvé une seconde famille, celle qui vous écoute, vous soutient, vous comprend. Lorsque vous vivez loin de la vôtre, c’est important. »
Trois questions à Angela Teixeira
Angela, l’heure est venue de partir à la retraite. Quel est votre état d’esprit ?
Je ne sais pas. C’est bizarre. On est en juillet, je me dis que ce sont les vacances. On verra en septembre. J’ai la chance de bénéficier d’une carrière longue, j’en profite. Je vais pouvoir prendre un peu de temps pour moi, m’occuper de mon mari qui a des problèmes de santé sans me stresser. Je vais avoir un agenda de retraitée je pense, bien rempli. Honnêtement, je pense que le travail va me manquer. Mes collègues, Patricia avec qui nous formons un duo sympa ici. Mais de toute façon, j’ai averti tout le monde, s’il y a des manques, un besoin, je suis prêt à venir donner un coup de main quelques jours par semaine.
Nièvre Merrain, Tonnellerie Berthomieu, Ateliers du Chêne… vous avez sillonné la Nièvre avec Charlois…
En effet, il ne manque que Murlin (sourires). J’ai vécu mes plus belles années dans ce groupe. On ne se rend pas compte de la chance que l’on a. Vraiment, j’insiste. J’ai vécu des choses pas faciles depuis 2024. Mon mari a été gravement malade, hospitalisé à Dijon. J’ai failli craquer plusieurs fois, mais j’ai pu compter sur Vincent, Corinne, Marie, Patricia et surtout Sonia. Ils m’ont aidé à tenir le coup, en me permettant d’aménager mes horaires, par exemple, pour me rendre au chevet de mon mari au CHU de Dijon. Je ne les remercierai jamais assez. J’ai rencontré tellement de gens bien.
Vous allez avoir beaucoup de temps libre maintenant. Comment allez-vous l’occuper ?
(Angela prend sa respiration, lève les yeux au ciel…) Alors franchement, je ne sais pas, mais je sais que j’ai de quoi faire. La maison est grande, le jardin aussi. J’adore cuisiner. Je vais recevoir et nous faire inviter. Nous irons visiter notre famille en semaine, plus que le week-end. On ne se posera pas la question de quand nous rentrons. Je vais aller marcher, je vais m’occuper de mon mari, l’accompagner à ses rendez-vous médicaux. Nous allons partir en vacances, prendre du bon temps. Même si je suis une lève-tôt, je ne me réveillerai plus à 4h, et je pourrai me coucher tard et regarder les matchs de l’équipe de France en entier (sourires).