Une visite sous les meilleurs auspices pour le domaine Matrot
Adèle et Elsa Matrot sont à la tête du domaine éponyme depuis une dizaine d’années. Un domaine niché au cœur de Meursault hérité de leurs parents. Une histoire de famille qui se transmet jusque dans la façon d’élever les vins. C’est à elles, notamment, que revient la délicate mission d’élever les deux pièces de vin acquises par Charlois lors de la traditionnelle Vente des hospices de Beaune qui s’est tenue en novembre dernier.
Vigneronnes accomplies et reconnues, les sœurs Matrot ont foulé le sol nivernais avec l’ensemble du personnel du domaine. Cette visite initiée par Louis Mangani, directeur commercial de la Tonnellerie Berthomieu / Ermitage, avait pour but de découvrir les installations murlinoises, de la forêt aux fûts, de la merranderie au parc à bois. Une journée qui, comme à l’accoutumée, a débuté par la visite de la forêt des Bertranges, à la découverte des chênes d’exception utilisés pour la fabrication des fûts. « Nous étions déjà venues avec nos parents il y a une dizaine d’années. Beaucoup de choses ont changées dans le village. La forêt reste la même. C’est toujours aussi impressionnant, et c’est bien que l’ensemble de nos équipes puissent se rendre compte du travail, du temps, nécessaire à la production d’un fût. »
De chêne et de vin
Le chêne dont il est question est celui qui donnera le meilleur merrain pour la fabrication des fûts. « Nous utilisons très peu de fûts neufs. Cependant, nous faisons attention aux origines géographiques des chênes et nous privilégions les chauffes moyennes-longues pour l’élevage de nos blancs par exemple ». Clientes de la Tonnellerie Berthomieu / Ermitage, Adèle et Elsa ont été particulièrement sensibles au travail artisanal, à l’ancienne, des tonneliers de la Manufacture tonnelière La Grange : « C’est impressionnant. C’est vraiment un beau métier, un vrai savoir-faire qui se perpétue ». L’intérêt pour le fût est manifeste : « Le chêne, on l’aime discret, subtile, harmonieux. Ce qui compte pour nous, ce qui fait la renommée de nos vins, c’est le terroir, le fruit. Pour les blancs, nous passons 10% de notre production en fûts neufs et 20% pour les rouges ».
Testé et approuvé
Il y a quelques jours, Louis Mangani était au Domaine Matrot en compagnie d’Elsa, Adèle et de leur maître de chai, Gaël, pour goûter les millésimes 2024, analyser l’effet et l’impact des fûts neufs sur les blancs et les rouges. « Louis a un rôle de conseil, c’est important pour nous. Il est notre relais auprès des tonneliers. Selon ce que nous souhaitons, ce que nous goûtons, il nous oriente dans nos choix. Origine du merrain, contenance, chauffes aromatiques. On corrige, on ajuste et dès que nous avons trouvé la bonne formule, on ne change plus », souligne Adèle. « Notre job, ce n’est pas que vendre des fûts » précise Louis Mangani. « Nous jouons un rôle de conseil. Il y une vraie proximité. Adèle et Elsa je les connais depuis longtemps, je connaissais leurs parents. J’aime beaucoup la philosophie d’élevages de leurs vins, tout en subtilité. C’est aussi pour cela que j’ai souhaité leur confier les deux fûts acquis par Charlois à la traditionnelle vente des Hospices de Beaune. Je sais que le résultat sera à la hauteur ».
Un challenge que les deux sœurs ont accepté de relever sans hésiter. « C’est un joli cadeau que Louis nous a fait. C’est un peu de travail en plus, mais c’est pour la bonne cause ». Les deux pièces : un Meursault-Genevrières, cuvée Baudot, pour le blanc et un Corton Grand-Cru cuvée Charlotte Dumay, pour le rouge. « Bien que les fûts soient neufs, je dirai que ça se présente plutôt bien », précisent Adèle et Elsa. « Nous goûterons de nouveau dans quelques semaines, si les vins sont trop marqués, on les passera dans d’autres fûts. Nous faisons comme pour les nôtres, y compris pour la durée d’élevage qui est de 15 mois en fûts de chêne ».
Avant de reprendre la route des vins, direction Meursault, l’ensemble des collaborateurs s’est rendu à la Tonnellerie Berthomieu / Ermitage pour une visite immersive de la fabrication des fûts. « C’est bien de voir et de comprendre comment sont fabriqués les fûts que nous utilisons pour nos vins. L’importance du bois, de la chauffe. Le cintrage à la vapeur [spécialité de la Tonnellerie Berthomieu / Ermitage] est impressionnant » souligne Gaël, le chef de cave du domaine. « C’est une journée off pour le domaine, mais plus qu’enrichissante pour nous tous ».
La Vente des Hospices de Beaune, plus ancienne vente de charité au monde (1859), est organisée chaque année au mois de novembre par Sotheby’s qui est mandaté par les Hospices. Les sommes récoltées servent à financer les établissements hospitaliers de Beaune et à soutenir des associations humanitaires. En 2024, Médecins sans Frontières et Global Gift Foundation (améliorer la vie des enfants, des femmes et des familles en situation de vulnérabilité) ont bénéficié des fonds récoltés. Les acheteurs de pièces peuvent choisir leur vinificateur. Le vin récolté provient des vignes appartenant aux Hospices suite à des donations. Chaque année, Charlois achète une pièce. En 2024, nous nous sommes portés acquéreur de 2 pièces de vin dont l’élevage a été confié au Domaine Matrot.