Lise Michel, Ingénieure Recherche chez Charlois
Arômes, chêne et R&I
Ses connaissances, n’ont d’égal que sa discrétion. Lise Michel, œnologue de formation et de métier, est arrivée chez Charlois le 1er février 2024 pour revêtir le costume (qui lui va comme un gant) d’Ingénieure Recherche. Rattachée au Laboratoire Exact, Lise est au service de toutes les tonnelleries du groupe, des commerciaux et, bien sûr, des clients.
Après Cognac, où elle a son bureau fixe, Murlin, c’est un peu la seconde maison de Lise. « Je viens ici au moins une fois par mois. Nous travaillons en étroite collaboration avec Aurélie Hardy et Érik Nastorg, au service de nos clients et surtout des commerciaux de nos tonnelleries ». Lise, c’est avant tout une passionnée qui vit pleinement ce qu’elle fait, ce qu’elle entreprend. Originaire de la région d’Anjou, Lise fait ses classes entre le vignoble champenois, où elle a vécu, et la vallée d’Anjou où son grand-père exerçait la profession de vigneron et avec qui elle a passé une partie de son enfance. « Le terroir, la vigne, le vin, ce sont mes racines et j’y suis très attachée. Je pense que ce n’est pas étranger à mon parcours et au fait que j’ai rejoint la grande famille Charlois ».
Nez sous la bonne étoile
Son parcours, Lise l’imaginait tourné vers la parfumerie. « J’ai toujours été passionnée par la parfumerie, décortiquer les odeurs, les reconnaître, c’est mon truc, encore aujourd’hui. Mon envie était d’être nez pour la parfumerie, de créer des parfums, d’assembler des fragrances, des arômes… C’est ce qu’on fait avec le vin et les spiritueux aussi. Il y a beaucoup de points communs ». L’avenir en décidera autrement et orientera la jeune angevine vers des études d’œnologie. Un choix de raison devenu passion. Si par hasard vous devez discuter œnologie avec Lise, assurez-vous d’avoir un peu de temps devant vous, car elle est plutôt diserte et experte sur ce (très vaste) sujet. « J’aime ce que je fais, mon métier. J’aime comprendre, découvrir, innover, créer ». Lors de sa carrière, Lise a enseigné l’œnologie, elle a joué le rôle de conseil en œnologie pour des vignerons en Alsace avant de poser ses valises en Charente. Un passage chez Courvoisier, la découverte de la distillerie, les alambics… Une révélation pour la jeune œnologue. Ses premiers pas dans l’univers de la distillation sont déterminants. Une envie de créer toujours prégnante et des opportunités qui se présentent.
L’heure H
La distillerie Tessendier, en Charente, sera son terrain de jeu, d’expérimentation et de créations. À la fois maître de chai whiskys, responsable R&D, Lise se frotte à l’art de la distillation, et ose la création. « Ces années passées dans la distillerie ont été très formatrices. J’ai appris vraiment beaucoup de choses, avec envie, passion et détermination ». Une période déterminante à plus d’un titre. Lise va concrétiser ses envies avec la création d’une gamme de whisky, de liqueurs et de soft. Le fruit d’un travail de longue haleine, fait d’essais, de réflexions, d’assemblages, de remise en question. C’est durant cette période que Lise, cliente de la Tonnellerie Leroi, fait la connaissance d’Érik Nastorg, Directeur du Laboratoire Exact, par l’intermédiaire de Thierry Marrot. « J’étais cliente de la Tonnellerie Leroi qui me fournissait en fûts pour l’élevage et le finish de mes whiskys. Avec Érik et Thierry, on a mis en place quelques essais, suivi des protocoles. Chemin faisant, l’idée de rejoindre Charlois a émergé de part et d’autre. Ce que je voulais faire dans la distillerie, je l’avais fait (création). Il était temps pour moi d’ouvrir la porte d’un monde que je ne connaissais pas mais qui m’intéressait et que j’avais envie de découvrir ».
Une nouvelle aventure
En poussant la porte de Charlois, Lise confie : « c’est l’occasion de renouer avec le monde du vin cher à mon enfance ». Mais ce n’est pas que ça. Pour Lise, « le chêne, pour les vins et les spiritueux, c’est un supplément d’âme, c’est la recherche, et la possibilité, d’arômes, de goûts ». Le principe, toujours selon Lise, « c’est de se servir des deux pour sortir le meilleur. Tout est question d’harmonie entre le chêne et le liquide, le chêne c’est « le sel dans la cuisine ». Un vigneron, par exemple, ou un distillateur, nous dit ce qu’il recherche, ce qu’il veut comme goût, comme arôme dans son vin (son eau-de-vie, son whishy, son rhum…) et on met en place un protocole, des essais, on déguste, on ajuste… jusqu’à trouver la « bonne recette ». C’est ce que j’ai fait ce matin chez un client à Sancerre avec qui nous conduisons un essai. Le chêne offre vraiment une multitude de possibilités. Il y a encore beaucoup à découvrir donc à chercher. C’est ce qui me plaît, sortir de mon couloir de nage ».
Trois questions à Lise Michel :
Vous êtes Ingénieure Recherche, rattachée au Laboratoire Exact. Quel est votre rôle précisément ?
Vaste sujet. Pour faire simple, je suis en appui des commerciaux de nos tonnelleries pour la vente de fûts et d’alternatifs. Avec l’équipe du Laboratoire Exact, nous mettons également en place des essais, des protocoles à la demande des commerciaux, des clients vignerons ou distillateurs, et plus largement du groupe. Le chêne que nous utilisons en tonnellerie ou dans les alternatifs est un outil incroyable pour l’élevage des vins ou des spiritueux. Ses apports doivent être subtils. Il y a tellement de paramètres qui entrent en ligne de compte, depuis l’origine des chênes, la chauffe, les conditions de stockage des fûts durant l’élevage… C’est ce que nous prenons en compte, entre autres. Et c’est passionnant.
Que retenez-vous de votre parcours professionnel ?
Pour moi, c’est très simple : ce n’est que du plaisir. J’aime ce que je fais, j’aime mon travail. J’ai eu la chance de faire ce que je voulais faire et je continue. J’ai un parcours fait d’expériences diverses, du rôle de conseil, à celui d’enseignant, de maître de chai, à responsable R&D. J’ai distillé du wash (bière non houblonnée) pour faire du whisky pour lequel j’ai choisi des fûts pour des finishs (dont un whisky vieilli en fût de pineau des Charentes)… Dans ce métier, on découvre et on apprend tous les jours.
Et maintenant ?
Depuis que je suis chez Charlois, je développe une autre facette de ma profession. Avec l’équipe du labo, on explore, on recherche, on innove. Ça me plaît beaucoup. Pour une chercheuse, mieux comprendre l’influence du chêne c’est ouvrir un dialogue entre la matière et les sens, et pouvoir donner ainsi la possibilité de révéler des harmonies nouvelles pour offrir une expérience sensorielle sur mesure. C’est passionnant !
Photographie © Christophe Deschanel