Du chêne et des hommes : L’art de la foudrerie
Implantée dans la région cognaçaise depuis les années 1930, la Tonnellerie Bernard conjugue authenticité et savoir-faire pour satisfaire ses clients, qu’ils soient vignerons ou distillateurs. Au cœur de la Grande Champagne, les artisans de la Tonnellerie Bernard ont une parfaite maitrise des gestes et des étapes de fabrication des barriques et des tonneaux*.
Des tonneaux XXL
Il y a les barriques et les tonneaux. Il y a le vin et les eaux-de-vie. Et au milieu, les tonneliers. Dans les ateliers de Barret, les équipes au service de la Tonnellerie Bernard viennent de produire 42 tonneaux commandés par une distillerie de Grande Champagne. Une première partie a été livrée en tout début d’année, la seconde ce mois de mars. Deux contenances, pour le même chai : 250 et 160 hectolitres. Il aura fallu plus de quatre mois de travail pour honorer cette commande exceptionnelle. Un défi à hauteur d’homme relevé par les équipes de Cyrille Royer, responsable commercial spiritueux pour la Tonnellerie Bernard et responsable de production à l’Atelier du Foudrier. « Des commandes comme celle-ci, c’est rare », précise Cyrille. « C’est un véritable défi humain et technique. Tout est fait sur mesure, spécialement adapté au chai qui va accueillir les tonneaux. Du bureau d’étude à la livraison, en passant par toutes les étapes spécifiques de production, c’est toute une équipe qui s’est mise au service de notre client ».
D’abord, le chêne…
Tout commence par la sélection du bois, en l’occurrence des plots de chêne. « Nous sommes sur des longueurs de douelles de plusieurs mètres pour former le corps des tonneaux. Le bois doit être d’une qualité exceptionnelle, parfait. Droit de fil sur toute la longueur de la douelle, c’est le préalable indispensable », précise Cyrille Royer. « Le bois n’est pas fendu, comme en tonnellerie par exemple, mais scié et toujours dans le droit fil, sur toute la longueur ». Forcément, les espaces de travail sont dimensionnés pour produire des grands contenants. Chaque étape nécessite plusieurs personnes. La mise en robe des tonneaux et les étapes suivantes nécessitent l’installation d’un échafaudage, le braséro utilisé pour la chauffe est suspendu à une chaîne qui permet de chauffer uniformément les douelles. « Les grands contenants ont une durée de vie supérieure à celle des fûts de chêne et l’usage n’est pas le même. Chaque tonneau est accessoirisé, les étapes de finitions sont importantes et soignées ».
… Puis les hommes
Pas de grands contenants sans les hommes. Si le bois est pour beaucoup dans la qualité des cuves et foudres proposés par la Tonnellerie Bernard, la valeur ajoutée ce sont les savoir-faire détenus par les équipes. « L’Atelier du foudrier, c’est l’atelier de foudrerie de Charlois. Un concentré de savoir-faire au service des distillateurs d’eaux-de-vie mais également des vignerons. Foudrier, c’est un métier un peu hors-norme en rapport à la dimension de certains grands contenants », insiste Cyrille Royer. Chaque étape, et elles sont nombreuses, entre le parc à bois et la livraison chez les clients, est un condensé de maitrise et de savoir-faire. Pour faire un tonneau, il faut compter en moyenne 160 heures de travail. En 2024, 53 tonneaux sont sortis des ateliers de foudrerie pour la Tonnellerie Bernard.
*Tonneaux : En région charentaise le terme de Tonneau désigne les grands contenants pouvant contenir de mille à un million de litres d’eaux-de-vie destinées à l’élaboration du cognac.
Photographies © Christophe Deschanel