Domaine Sylvain Pataille, un domaine pas comme les autres
Quand Sylvain Pataille vous rend visite, c’est en équipe. En cette belle journée de printemps, ils ont quitté leur village bourguignon de Marsannay aux environs de 6h du matin pour être à 9h à la Tonnellerie Berthomieu/Ermitage, lieu de rendez-vous à la Charité-sur-Loire.
« Venir à Murlin, c’est une étape essentielle, y venir ensemble, indispensable »
Le groupe de 24 personnes est réparti dans trois mini-bus affrétés pour l’occasion. Au volant du premier, Sylvain Pataille : « Nous formons une équipe, une famille même. Nous avons l’habitude de partager les expériences. Venir ici, à Murlin, visiter la tonnellerie dans laquelle sont fabriqués les fûts que nous utilisons a du sens pour tout le monde. Les explications sur la forêt, la fabrication du merrain ont du sens également. La gestion de la forêt, le temps long, la valorisation de la matière, sont des valeurs qui nous parlent… ».



Le mode Pataille
Fidèle client de la Tonnellerie Berthomieu/Ermitage, Sylvain est un amateur et un promoteur de l’élevage en fûts de chênes. « Je suis amoureux du bois, du chêne. Je le trouve chaleureux, il élève les vins, les rend plus qualitatifs. Le chêne apporte ce supplément d’âme capable de transformer un vin modeste en grand vin ». Et en la matière, le vigneron implanté en Côte de Nuits, sait de quoi il parle. Parti de zéro, il s’est employé à rendre ses lettres de noblesse au cépage Aligoté, souvent décrié, et à positionner les vins de Marsannay parmi les grands vins de Bourgogne.
Sylvain Pataille a fondé le domaine éponyme en 2001 : « Un peu malgré-moi, plaisante-t-il, j’ai racheté cette parcelle de vigne, du Gamay, dont personne ne voulait plus. C’est comme ça que j’ai commencé, avec l’idée de faire du vin pour boire avec les copains ». Ingénieur en œnologie, Sylvain Pataille a commencé sa carrière comme œnologue conseil auprès des vignerons, une activité qu’il poursuit, à moindre échelle, en parallèle de son activité de vigneron ancré dans son terroir natal, celui de Marsannay et de la Bourgogne des vins.
La main de l’homme
Chez Pataille, le travail de la vigne se fait à la main, le rognage comme les vendanges. Les 17 hectares du domaine sont certifiés Bio et tendent vers la biodynamie. Plus qu’un choix, c’est une philosophie. « La nature fait son travail, nous l’accompagnons ». Par son travail, sa volonté, Sylvain Pataille contribue à la renommée des vins de Marsannay. Observateur de son époque, il n’a de cesse de se réinventer pour proposer des vins adaptés à l’évolution de la demande. « J’utilise les fûts de chêne de manière systématique, dont 10 à 30% de fûts neufs en fonction des cuvées. Dans ma cave, j’ai environ 600 fûts et quelques foudres. Les durées d’élevage sont assez longues, entre 15 et 24 mois avec un minimum d’intervention en caves. C’est comme dans la vigne, il faut faire confiance à la nature. Pour moi, le chêne est un excellent compagnon pour l’élevage de mes vins, c’est un outil d’équilibre. Pour mes blancs, j’utilise de fûts qui ont plus de dix ans qui offrent de la neutralité et la priorité au fruit, au terroir. Pour mes vins de presse, j’utilise 100% de fût neuf américain. Les fûts de chêne ont cette particularité d’offrir de nombreuses possibilités de vinification, d’élevage. Le chêne structure et stabilise mes vins, affine les tanins, laissant la priorité au fruit et au terroir ».
Points communs
Tout au long de cette journée en visite à Murlin, les membres du domaine Pataille ont eu le loisir de s’imprégner du chêne, de découvrir des métiers rares, des savoir-faire ancestraux et précieux. « En parler c’est une chose, le voir en est une autre. Il y a des gestes qui font écho à ceux que nous faisons chaque jour dans les vignes, dans la cave, dans nos relations avec nos clients. L’artisanat, le travail à la main, j’allais dire à l’ancienne, la transmissions des savoirs et des valeurs, ce sont des choses qui sont primordiales à mes yeux et que nous partageons avec Charlois. Et puis, bien sûr, le respect de la nature et de son cycle. Ici, le temps long de la forêt, de la maturation du merrain. Chez nous le temps long de l’élevage, l’utilisation de fûts de plus de dix ans. Et puis, même si le domaine est jeune on cultive l’esprit de famille avec autant de soin que l’on cultive la terre et la vigne, on mise sur l’humain pour faire du bon vin, et sur le chêne ».