Métiers de la merranderie #7 – Affûter pour mieux scier !

24 avril 2025
3 min.

L’affûteur, c’est l’homme de l’ombre. Il œuvre en coulisses au service des scieurs. C’est un poste clef de la merranderie. Pas de bon scieur, sans bon affûteur, pas de bon affûteur, sans bon scieur.

 

Comme en merranderie, il faut avoir l’œil affûté et le sens du toucher. Avant de s’attaquer à l’affûtage, il y a des étapes indispensables. Évaluer l’état général de la lame, du corps à la pointe des dents. Vérifier la tension de la lame, repérer les bosses, estimer leur importance à l’aide d’un réglet. Une lame de scie, c’est 5m50 de long, 122 dents, un corps de lame de 85mm à l’origine. Un détail qui a son importance. Naturellement bombée pour épouser la forme de la jante sur laquelle elle repose, la lame de scie est scrutée dans les moindres détails. Les bosses sont corrigées à l’aide d’un marteau à planer, puis passent dans une planeuse qui va corriger l’ensemble des défauts. Plusieurs passages seront nécessaires pour rendre au corps de lame sa forme initiale et son bombé naturelle, indispensable pour une bonne adhérence et une tension optimale pour scier les quartiers.

 

Le souci du détail

En fonction de la qualité du bois de chêne (grosseur du grain, dureté, propreté), des défauts (nœuds, picots…), la lame de scie sera plus ou moins éprouvée et la fréquence de remise en état variera en conséquence. La façon de travailler du scieur impacte également la durée de vie de la lame, la longévité des dents. L’affûteur, après avoir corrigé la tension de la lame, sa planitude et s’être assuré qu’elle est bombée de façon homogène, va passer à l’étape de l’affûtage. Trois passages successifs sont nécessaires pour redonner le tranchant naturel à chacune des 122 dents que compte la lame.

 

Dans le respect du chêne

« Mieux la lame est affûtée, plus les quartiers sont faciles à scier et plus le sciage est précis ». Une lame qui coupe mal, une lame voilée et c’est la qualité du merrain qui est impactée. Le trait de coupe est plus important, ce qui génère de la perte de matière première. Une lame mal affûtée peut également générer des pièces de merrain avec des épaisseurs différentes à chaque extrémité, des irrégularités sur chaque face… La merranderie est un métier de précision, chaque étape depuis le parc à grumes – le cubage, le tronçonnage, la fente, le sciage, le délignage, le tri et l’empilage – est effectuée avec la plus grande rigueur, dans le respect de cette matière noble et rare, qu’est le chêne. L’affûtage requiert les mêmes exigences, la même précision que toutes les autres étapes. C’est un réel savoir-faire.

 

Photographie: Stéphane Ébel

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