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Portrait

Vincent Chaminion, responsable de site de la Tonnellerie Berthomieu/Ermitage, raconté par Stéphane Ebel

25 avril 2024

La force tranquille

 

8H30, un jeudi matin à la Tonnellerie Berthomieu/Ermitage à La Charité-sur-Loire. L’atelier baigne dans les effluves de bois chauffé, les coups de marteaux des tonneliers donnent la cadence. Vincent Chaminion, 44 ans, passe d’un poste à l’autre, s’assure que tout va bien en « prod ». L’homme est serein, la journée est lancée. Vincent savoure une année passée bien remplie et se projette sur celle à venir. C’est dans le rétroviseur que je vais lui demander de jeter un œil.

 

 

Natif de Beffes, dans le Cher, le parcours professionnel de Vincent est indissociable de son parcours de sportif. « Mon premier boulot, je l’ai eu grâce au foot. Je venais de signer à Vauzelles et dans la foulée, je suis rentré chez Phillips éclairage. Ce n’était pas trop mon truc, mais bon, il fallait bien bosser ». Le jeune berrichon a, un temps, caressé l’espoir de devenir pro. « J’ai évolué avec les moins de 17 ans nationaux de Bourges. Comme tous les gamins, à cet âge, on a envie de devenir pro. Surtout quand tu joues contre le PSG, Sochaux… Hélas, ça ne s’est pas concrétisé ». Vincent quitte Vauzelles et rejoint le club de La Charité-sur-Loire. Ce transfert sera un tournant dans la carrière du jeune footballeur, pas que sur le plan sportif.

 

 

L’aventure commence !

Charpentier de formation, Vincent fera une pige de quelques mois chez Sorec à La Charité. « On fabriquait des meubles. J’étais derrière une console à commandes numériques. Moi ce que j’aime, c’est le bois, le sentir, le toucher, le travailler ». Le club est alors présidé par Philippe Le Metayer. « Certains de mes coéquipiers bossaient à la Tonnellerie Berthomieu. J’en ai parlé au président. C’était en 2003, il y a 20 ans ». Parce qu’il faut bien un début, Vincent fait ses armes à la fabrication des fonds de barriques et à l’éprouvage, étape qui consiste à tester l’étanchéité des fûts avant de passer aux étapes de finition. « Je suis passé par tous les postes de production. Je suis capable de faire une barrique de A à Z, du début de la chaîne jusqu’au chargement dans le camion ».

 

 

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Vincent à cette singularité d’être le seul responsable de tonnellerie du groupe à ne pas être tonnelier de formation. « J’ai appris sur le tas comme on dit, et ce qui est bien ici, c’est que quand on se donne les moyens, on nous les donne en retour ». Patiemment, dans l’ombre, sans faire de bruit, Vincent parfait sa connaissance du métier et devient relais d’atelier auprès du responsable de l’époque, Nicolas. « C’est une marque de confiance que l’on m’a donnée, la chance d’évoluer au sein de l’entreprise. Je ne suis pas passé à côté. Bien sûr, cela demande de faire quelques sacrifices, mais le jeu en vaut la chandelle ».

Après le départ du responsable, Vincent se voit proposer le poste. Ce qu’il accepte sans trop se poser de questions. « Je connaissais le boulot, j’ai travaillé avec la plupart des gars (et des filles) en atelier… Pour moi, c’était dans la logique d’évolution, puis j’aime bien les challenges, même si je n’avais pas vraiment de plan de carrières. Une opportunité comme celle-ci, ça ne se refuse pas. Et puis, quand il faut mettre les mains dedans, je le fais. Je continue d’aller réparer des fûts chez des clients par exemple. C’est important de ne pas perdre la main ».

 

 

Trois questions à Vincent :

Vincent, vous êtes aujourd’hui responsable de site de la Tonnellerie Berthomieu/Ermitage. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je suis assez fier que l’on m’ait confié cette responsabilité. Il a fallu me familiariser avec le côté management, ce qui n’est pas forcément le plus facile. Le fait d’être parmi les plus anciens est un atout, comme celui de connaître parfaitement le boulot. Gérer une trentaine de personnes, c’est un travail à part entière. Ça me demande de passer un peu plus de temps au bureau, à l’ordinateur. Ce que je fais avant que les gars arrivent et après qu’ils soient partis. Et puis, je peux compter sur le service RH, sur les collaborateurs, notamment Louis Mangani.

 

Vous étiez chez Berthomieu avant que Charlois ne rachète la tonnellerie. Cela a-t-il changé quelque chose ?

Beaucoup de choses. Au niveau de la production déjà, nous sommes passés de 90 fûts par jour à 130. Sur les conditions de travail aussi. Charlois nous a apporté de la rigueur, les moyens de bien travailler et puis les valeurs propres au groupe. Sur un plan plus personnel, tout ce que j’ai aujourd’hui, c’est grâce à Charlois. Quand on se donne la peine, on est récompensé.

 

Et le foot ? Vous pratiquez toujours ?

Oulah non. J’ai 44 ans et je pense que mon corps, sans être usé, est fatigué. J’ai un autre loisir maintenant, que nous faisons en famille, avec ma femme et mes filles, c’est la pétanque. On participe à des concours presque tous les week-ends, on se déplace un peu partout en France en camping-car, c’est sympa. Ma femme joue aussi, et mes filles commencent. On passe de bons moments. Trouver le bon équilibre entre vie pro et perso, c’est important.

 

 

Photographie © Christophe Deschanel

 

 

 

 

 

 

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