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Contes et légendes de la forêt

Ricochon

23 juillet 2020

« Il y avait une fois, au pied de la montagne du Beuvray, un petit fermier qui n’avait que de chétives terres. Et il gagnait si peu qu’il avait bien du mal à monter sa basse-cour. » À force de travail, le fermier put tout de même acheter une cane, une oie et un cochon. N’ayant plus les moyens de les nourrir au bout d’un an, il dut se résoudre à les tuer pour les manger. Ricochon, qui entendit le fermier en parler à sa femme, partit se cacher avec la cane et l’oie au fond des bois.

 

Les trois animaux de la ferme se construisent alors chacun un abri dans la forêt. Mais le loup découvre rapidement leur présence. Il se rend d’abord à l’abri de la cane, puis à celui de l’oie et enfin à celui du cochon où il demande aux animaux de leur ouvrir la porte : « Ouvre-moi ta porte ou bien je vais gratter, je vais pétarader, je vais souffler, et ta maison va s’écraser. » Seule la maison du cochon, où la cane et l’oie se sont réfugiées, résiste à l’assaut du loup. S’ensuit plusieurs tentatives du loup pour piéger les animaux dans le but de les dévorer.

 

 

Morale de l’histoire de Ricochon

 

Après avoir joué plusieurs mauvais tours au loup pour lui échapper, Ricochon réussit finalement à se débarrasser de la bête de la forêt grâce à une dernière ruse : « Le loup s’assied près de Ricochon. Mais la souche était fendue et maintenue ouverte par des coins. Ricochon, doucement, met la queue du loup dans la fente, retire les coins et crie : Au loup ! Au loup ! Les fendeurs quittent leur chantier et accourent. Ricochon se sauve, tandis que le loup reste pris par la queue. Il reçoit tant de coups de bûche et de bâton qu’il s’échappe en laissant sa queue dans la souche. »

Comme bien souvent dans les contes, cette histoire est synonyme de victoire du monde civilisé, représenté par les animaux de basse-cour aidés par les hommes, sur la nature. Il est également intéressant de noter que la forêt, même dangereuse, constitue un territoire refuge, en marge de la société où, après la fuite du loup, « Ricochon, la cane et l’oie peuvent vivre tranquilles dans leur petite maison. »

 

 

La classification des contes

 

Ricochon, dont l’histoire se déroule dans le Morvan à proximité du Mont Beuvray, est un conte de type AT 124* dont la version la plus connue est celle des Trois Petits Cochons.

 

Ricochon a été conté à Paul Delarue en septembre 1942 par François Berthier de Glux-en-Glenne où ce dernier est né en 1864. Delarue publie par la suite Ricochon en 1953 dans son recueil Contes du Nivernais et du Morvan.

 

Paul Delarue indique dans son recueil qu’il a recensé cinquante versions françaises de ce conte. Cela s’explique par le mode de transmission des contes, l’oralité, qui sous-entend généralement une déformation/adaptation propre à chaque conteur. Ce n’est qu’à partir du 18e siècle, et de manière plus systématique au 19e siècle, avec les importants travaux de collecte de traditions orales réalisés par les auteurs du mouvement folkloriste, que les récits seront figés sous une forme écrite.

 

 

*Conte-type AT 124 (« Le loup et les trois animaux dans leurs petites maisons ») dans la classification Aarne-Thompson.

 

 

Visuel © D.R.

 

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