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Au vignoble et au cellier - 1910

Mai au vignoble

5 mai 2020

« Au vignoble et au cellier – 1910 » est une série d’articles que nous vous présentons tout au long de l’année 2020, mois par mois. Les articles sont issus de l’Annuaire du commerce des vins de 1910 et décrivent les différents travaux nécessaires à la production de raisin et de vin au début du XXe siècle.

 

En 1910 au mois de mai, les travaux au vignoble sont marqués par différents travaux en vert, le travail des sols et les premiers traitements phytosanitaires.

 

Voici ce que l’on peut lire dans l’Annuaire du commerce des vins :

Culture – Exécuter les seconds labours et les binages, mettre en place les greffes faites à l’atelier, achever les greffes en plein champ, terminer l’enjonçage (1) des terrains de sable, commencé à la fin d’avril ; pincer et palisser la vigne. Enfin, au moment de la floraison, procéder à la délicate opération de la fécondation artificielle (2) pour l’obtention de vignes hybrides.

Premiers traitements anticryptogamiques – Les maladies cryptogamiques commencent à se montrer en mai ; et il est urgent d’effectuer un premier traitement pour prévenir leurs dégâts. Dès la première quinzaine, il faut opérer, dans la région méditerranéenne du moins, un soufrage contre l’oïdium. Au moment de la floraison, un second soufrage aura les meilleurs effets.

Dans les premiers jours de la seconde quinzaine on préparera les solutions cupriques : bouillie bordelaise, bouillie bourguignonne, eau céleste contre le mildew [mildiou]. Dans le Midi et le Sud-Ouest on opérera un traitement préventif contre ce fléau et contre les rots (3).

 

De nos jours en mai, le travail des sols, les relevages et le palissage de la vigne sont toujours d’actualité. Les traitements anti-maladies cryptogamiques sont également encore effectués afin de protéger la vigne contre les attaques de mildiou et d’oïdium.

 

La fécondation artificielle est en revanche une opération particulière qui ne s’effectue plus aujourd’hui au sein des vignobles. Cette étape est utile dans la création et l’amélioration génétique des variétés. Aujourd’hui elle est effectuée dans des centres de recherche pour la création de nouveaux clones ou variétés de raisins.

 

Les vignerons s’approvisionnent en plants de vignes de cépage (variété) et de clone connus pour leurs caractéristiques agronomiques adaptées à tel ou tel terroir ou type de production. Ce sont les pépiniéristes qui produisent ces plants.

 

(1) L’enjonçage consiste à planter, entre les rangs de vigne, des haies de roseaux (joncs) ou de seigle, de l’orge et de l’avoine blanche, dans un vignoble sablonneux, pour empêcher le sable de se déplacer.

(2) La fécondation artificielle consiste à croiser des vignes entre elles afin d’obtenir de nouveaux individus à la génétique différente et donc aux caractéristiques agronomiques différentes, comme par exemple une production de grappes plus importante, des grappes plus grosses ou encore un port de rameaux droit ou bien retombant…etc

(3) Les rots sont des maladies cryptogamiques de la vigne, c’est-à-dire des maladies dues à des champignons microscopiques, comme le mildiou et l’oïdium.

 

Visuel 1 : © D.R.

Visuel 2 : © Éric Pensa

 

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