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Forêts urbaines

Les forêts urbaines

25 juin 2020

L’année 2008 a marqué un tournant décisif dans l’histoire de l’humanité car, à partir de cette date, et pour la toute première fois, le nombre d’habitants des zones urbaines a dépassé celui des zones rurales.

Cette hyper-concentration de la population – les villes n’occupent que 2% de la surface du globe – engendre de nombreux problèmes sociaux et environnementaux et pose des défis majeurs de gestion urbaine ; le développement urbain durable apparaît dès lors fondamental pour assurer la bonne qualité de vie de la population mondiale, l’optimisation des ressources et la préservation de l’environnement.

La foresterie urbaine constitue l’un des leviers pour répondre à ces défis de développement et pour réussir la transition vers des villes durables, en permettant notamment une baisse notable des températures.

 

Une forêt urbaine, qu’est-ce que c’est ?

 

D’après la Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), « les forêts urbaines peuvent se définir comme des réseaux ou des systèmes incluant toutes les surfaces boisées, les groupes d’arbres et les arbres individuels se trouvant en zone urbaine et périurbaine, y compris, donc, les forêts, les arbres des rues, les arbres des parcs et des jardins, et les arbres situés dans des endroits abandonnés. Les forêts urbaines sont les piliers des infrastructures vertes, reliant les zones rurales aux zones urbaines et améliorant l’empreinte environnementale des villes. »

Parmi les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) définis en 2015 par l’ONU dans le cadre du Programme de développement durable mondial à l’horizon 2030, l’ODD 11 « Villes et communautés durables » vise à faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.

 

Des outils pour évaluer l’importance des arbres en milieu urbain

 

De nombreuses villes du globe se sont donc emparées du sujet et ont prévu de valoriser et développer leurs infrastructures vertes existantes ou de créer ex nihilo des forêts urbaines. Pour optimiser ces projets et éviter de planter à tout va, il était au préalable nécessaire de réaliser un état des lieux. L’indice de canopée* ou la mesure de la couverture végétale** élaborée par des chercheurs du Massachusetts Institut of Technology (MIT) ont ainsi été développés pour aider les zones urbaines à orienter leurs politiques d’aménagement et de transition vers plus de durabilité.

 

Pour son étude sur Les villes les plus vertes de France, le principal indicateur pris en compte par l’Observatoire des villes vertes et l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (UNEP) en 2020 était le nombre de mètres carrés d’espaces verts accessibles au public, suivi par le budget alloué aux espaces verts, la note « villes et villages fleuris », le nombre d’arbres par hectare… D’après cette étude, les trois villes les plus vertes de France sont Angers, Nantes et Metz.

 

La FAO, en association avec l’Arbor Day Foundation, a par ailleurs mis en place un programme de reconnaissance international : le Tree Cities of the World. Ce réseau compte aujourd’hui une soixantaine de villes adhérentes comme Auckland, Dublin, Madrid, New York, Paris, Quito, Toronto ou Turin.

 

 

À travers cette nouvelle série consacrée aux forêts urbaines, nous vous invitons à découvrir les opérations urbaines mises en place pour verdir les villes. Autant de projets, et d’exemples à suivre à travers le monde, pour prendre conscience de l’importance des services écologiques que les arbres peuvent rendre aux villes d’aujourd’hui et de demain.

 

 

*L’indice de canopée est calculé en divisant la superficie des espaces urbains couverte par les frondaisons des arbres (la canopée) par la superficie totale des espaces urbains. Ce calcul permet d’aboutir à un indicateur de la présence de l’arbre plus pertinent que le seul nombre d’arbres plantés puisqu’il permet de représenter la forêt urbaine d’un territoire.

 

**La couverture végétale est évaluée grâce à un système de mesure appelé le Green View Index qui utilise les panoramas de Google Street View. Les chercheurs du MIT ont mis en ligne l’outil Treepedia qui permet de découvrir le Green View Index d’une trentaine de villes dans le monde dont Amsterdam, New-York, Paris, Quito ou Singapour. Treepedia ne donne néanmoins qu’une vision partielle de la canopée urbaine dans la mesure où le logiciel ne prend en compte que les arbres visibles depuis les rues (Street View). New York, qui fait partie du réseau Tree Cities of the World, obtient un pourcentage de couverture végétale de 13,50% avec Treepedia alors que son indice de canopée est de 24%. Cela s’explique notamment par le fait que les caméras de Google Street View ne peuvent accéder à une partie importante de Central Park.

 

Visuel 1 : Le parc Gardens by the Bay à Singapour © D.R.

Visuel 2 : Couverture végétale Treepedia de la ville de New York © Treepedia

Visuel 3 : Jardin-Forêt du site François Mitterrand de la BnF © D.R.

 

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