Retour en haut de la page
< Retour aux actualités

Les Dryades

12 novembre 2020

Intimement liées aux forêts et aux bois dont elles sont les divinités protectrices, les Dryades sont des nymphes* de la mythologie grecque souvent représentées avec une couronne de feuilles de chêne et/ou formant des chœurs de danse autour d’un arbre. Dans l’iconographie, les Dryades apparaissent parfois sous la forme d’un arbre personnifié. Elles sont par ailleurs souvent associées à Pan, dieu des bergers et des troupeaux, et aux satyres.

 

Leur nom vient du grec drus (chêne) et c’est la raison pour laquelle on les associe généralement à cet arbre majestueux, symbole de force et de longévité. Les Dryades pouvaient errer en liberté et survivre aux arbres placés sous leur protection, contrairement aux Hamadryades dont le destin dépendait de l’arbre dont elles assuraient la protection. Les Hamadryades, qui vivaient sous l’écorce des arbres et faisaient corps avec eux, mouraient en effet en même temps que leur arbre hôte.

 

Avant d’abattre des arbres, les hommes devaient d’abord consulter les ministres de la religion et obtenir d’eux l’assurance que les Dryades les avaient abandonnés.

 

Les différences entre les Dryades et les Hamadryades sont ténues, ce qui explique qu’elles soient souvent confondues dans l’iconographie ou la littérature comme l’illustre le poème La Dryade d’Alfred de Vigny :

 

[…] Vois-tu ce vieux tronc d’arbre aux immenses racines ? /

Jadis il s’anima de paroles divines ; /

Mais par les noirs hivers le chêne fut vaincu. /

Et la dryade aussi, comme l’arbre, a vécu. /

(Car, tu le sais, berger, ces déesses fragiles, /

Envieuses des jeux et des danses agiles, /

Sous l’écorce d’un bois où les fixa le sort, /

Reçoivent avec lui la naissance et la mort.) […]

 

Parmi les Dryades les plus illustres, on peut citer Eurydice, mordue au mollet par un serpent le soir de ses noces avec Orphée, fils du roi de Thrace Œagre et de la Muse Calliope.

 

Dryades ou Hamadryades, ces nymphes qui peuplent les forêts et les bois en sont l’âme et les gardiennes. Par l’intermédiaire de ces nymphes, les arbres s’anthropomorphisent et deviennent la forme expressive de la vie sous l’écorce, source inépuisable d’inspiration pour les artistes comme Théodore Rousseau : « Voyez-vous tous ces beaux arbres-là, je les ai tous dessinés, il y a trente ans, j’ai eu tous leurs portraits. Regardez ce hêtre-là, le soleil l’éclaire et en fait une colonne qui a des muscles, des membres, des mains et une belle peau blanche comme celle des hamadryades. »

 

 

*Les nymphes sont des divinités féminines mineures protectrices de la nature. On distingue les nymphes terrestres (les Épigées) de celles qui sont attachées à l’eau (les Hydriades) ou au ciel (les Ouranies). Enfin, les nymphes sont subdivisées en fonction du lieu dont elles assurent la protection : parmi les Hydriades, on trouve les Néréides (mer) ou les Naïades (eaux douces), tandis que les Limoniades (fleurs et plantes) ou les Dryades (forêts et bois) sont des Épigées et que les Hyades (pluie) appartiennent au groupe des nymphes célestes.

 

Visuel 1 : La danse des Dryades © National Gallery of Art, Washington DC

Visuel 2 : Orphée ramenant Eurydice des enfers par Jean-Baptiste Camille Corot, 1861 © Musée des Beaux-Arts de Houston

 

 

À lire aussi
Archives mensuelles