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L’appel de la forêt

11 juillet 2024

Il a la forêt chevillée au corps. Celle des Bertranges en particulier, là où il a grandi, là où il vit encore aujourd’hui. Maxime Bollotte, 17 ans, étudiant au lycée forestier de Crogny (Aube), revient d’un périple d’une semaine en Roumanie où il participait aux championnats d’Europe par équipe de Course forestière.

 

En septembre dernier, Maxime était de passage chez Charlois pour un stage de deux semaines durant lequel il a pu mettre en pratique la théorie acquise au lycée au contact de professionnels aguerris et passionnés. Maxime est né en lisière des Bertranges, à Sichamps. La forêt, il la connaît comme sa poche. Même s’il a encore beaucoup à apprendre, il connaît par cœur les arbres, les oiseaux, les gibiers… Actuellement lycéen en terminale Gestion Forestière au lycée forestier de Crogny, Maxime s’est engagé dans la filière forestière avec la ferme intention d’y faire carrière. Sans doute un héritage familial de premier rang, ses parents travaillant tous les deux à l’ONF.

 

France et Europe

Pourquoi se contenter du minimum quand on peut faire un peu plus ? Avant de se lancer à l’assaut de l’Europe, il a fallu conquérir la France et participer aux épreuves de Coupe de bois sportive. « Les épreuves du championnat de France se déroulent toute l’année, c’est comme un contrôle continu. La participation se fait sur le principe du volontariat », explique Maxime. Il y a cinq épreuves à réaliser : abattage de précision, changement de chaîne rapide, coupe combinée, coupe de précision et ébranchage. Ce qui demande beaucoup d’entraînement en amont et énormément de concentration pendant la compétition. Pugnace, le jeune Nivernais s’est hissé sur la seconde marche du podium et a validé son ticket pour l’Europe et les championnats de course forestière organisés à Câmpulung Moldovenesc, dans la région de Bucovine au nord de la Roumanie et en équipe de 4 cette fois.

 

Au royaume des Carpates

C’est le gratin européen de la course forestière qui était réuni en Roumanie à l’occasion de ces championnats d’Europe. « L’Allemagne et l’Autriche sont quasiment intouchables. Ils ont beaucoup plus d’heures d’entraînement que nous, c’est inscrit dans leur emploi du temps au lycée ». Les petits Français ne baissent pas pavillon pour autant, il s’en est même fallu de peu pour qu’ils ne se hissent sur le podium. « Une erreur d’appréciation dans la datation d’un arbre nous a coûté le podium, mais nous sommes satisfaits quand même. C’est du haut niveau et la moindre erreur se paye cash ! » Seize, c’est le nombre d’épreuves au programme de ces championnats européens. Reconnaissance de la faune et de la flore (en latin, s’il vous plaît), être capable de déterminer l’âge d’un arbre, son volume sur pied, sa hauteur ou encore estimer le diamètre moyen d’une colonie d’arbres sur une parcelle, estimer un volume à l’hectare… le tout avec comme seuls outils un bâton d’un mètre, une plaque de métal carrée de 4 cm, un crayon et une feuille. « En forêt, il faut savoir se débrouiller, il y a des astuces ».

Un marathon forestier rehaussé d’une épreuve de secourisme et d’une autre mettant à l’épreuve les prédispositions d’aventuriers des candidats a scellé ce championnat qui a couronné l’Autriche, devant l’Allemagne et la Roumanie. L’équipe de France, soutenue par Charlois pour la partie logistique, s’est emparée de la septième place. 22 équipes représentant 18 pays étaient engagées.

 

 

Stéphane Ebel

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