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Au vignoble et au cellier - 1910

Janvier au vignoble

15 janvier 2020

« Au vignoble et au cellier – 1910 » est une série d’articles que nous vous présentons tout au long de l’année 2020, mois par mois. Les articles sont issus de l’Annuaire du commerce des vins de 1910 et décrivent les différents travaux nécessaires à la production de raisin et de vin au début du XXe siècle. 

 

Au cours du mois de janvier, les travaux au vignoble sont marqués, à cette époque-là, par le travail des sols, la préparation des plants de vigne, des échalas et des traitements contre des parasites.

 

 

Extrait de l’Annuaire du commerce des vins de 1910 :

« Labours et façons – Il faut donner aux vignes le premier labour en janvier, à moins que la plante n’ait pas encore subi l’opération de la taille. La profondeur des labours varie suivant la nature du sol. Chaque pays a sa culture : ici l’on donne deux labours, trois ailleurs, là quatre, parfois davantage. Selon l’étendue du vignoble et l’espacement des cépages, l’opération s’effectue à la charrue, à la houe, à la bèche. On continue les fumures et les terrages interrompus en novembre et décembre.

Travaux d’intérieur – On s’occupe à appointir, à retailler les échalas, à leur faire subir le sulfatage qui rend leur durée cinq ou six fois plus grande. On prépare les osiers propres au liage des futailles. Enfin l’on fait à l’atelier et l’on met dans le sable les greffes sur boutures et sur racines.
Lutte contre les parasites – Les principales applications consistent dans l’ébouillantage contre la pyrale et les badigeonnages contre l’anthracnose. »

 

 

 

Une particularité du travail à cette époque est l’opération d’ébouillantage (ou d’échaudage) qui consistait à verser de l’eau bouillante sur les pieds de vigne afin d’éliminer les larves de pyrale.

 

Ce traitement fût inventé par Benoît Raclet (1780-1844), huissier en Beaujolais et propriétaire d’une vigne à Romanèche-Thorins. L’histoire raconte que l’une de ses vignes, située contre un mur, recevait l’eau chaude de l’évacuation de l’évier de sa cuisine. Elle était la seule vigne restée intacte aux dégâts des pyrales. Son procédé est rapidement adopté. Il consiste à déplacer une chaudière (l’échaudeuse) dans les vignes. Un à deux litres d’eau bouillante sont versés sur chaque pied grâce à de petites cafetières.

 

Un siècle plus tard… le travail au vignoble en janvier consiste principalement à tailler la vigne. La taille débute officiellement le 22 janvier, jour de la fête de la Saint Vincent, patron des viticulteurs. On dit qu’à la Saint-Vincent, “l’hiver s’en va ou se reprend”.

 

 

Visuels :

1 – Carte postale ancienne montrant l’échaudage des vignes dans le sud de la France

2 – Annuaire du commerce des vins de 1910

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