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Fonds Charlois - Acquisition

De l’exploitation des bois de Duhamel du Monceau et hache de martelage (18e siècle)

1 avril 2021

De l’exploitation des bois

Homme de sciences et de lettres, Henri-Louis Duhamel du Monceau est l’un des pères de la sylviculture et de l’agronomie modernes. Les écrits du savant sont notamment à l’origine de plusieurs articles de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert comme ceux sur l’agriculture, la corderie*, la charbonnerie ou le sucre.

Grand connaisseur des arbres, Duhamel a écrit divers traités sur la sylviculture dont l’ouvrage De l’exploitation des bois ou moyens de tirer un parti avantageux des taillis, demi-futaies et hautes-futaies et d’en faire une juste estimation (1764) qui a rejoint les collections du Fonds Charlois pour l’Art et la forêt.

De l’exploitation des bois décrit non seulement les différents bois sur le plan physique et chimique, mais traite également du transport et de l’industrie de la matière, ainsi que des méthodes les plus modernes de l’époque pour travailler efficacement ce matériau. Duhamel détaille ainsi les travaux de martelage ou de récolement, mais également les rotations ou les mises en coupes réglées des parcelles forestières tout en s’intéressant dans le détail aux travaux des bûcherons, des fendeurs ou des charbonniers.

 

Hache de martelage

La hache de martelage acquise par le Fonds Charlois est ornée d’un chiffre (« C » entrelacés) ceint d’une couronne comtale. Cette hache du 18e siècle, datant de la même période que l’ouvrage de Duhamel, était utilisée pour le marquage des arbres appartenant à un comte. Concernant ce type d’outils de marquage, Duhamel précise que « les marteaux portent d’un côté une petite hache pour enlever l’écorce, découvrir le bois & former le placage ; de l’autre côté est une masse, sur laquelle sont gravées, sur les uns, les armes du Roi ou celle du Grand-Maître, & sur les autres les marques particulières des autres Officiers subalternes, comme Gardes & Sergents, & même celles des Marchands de bois. » Ces haches servaient également au balivage** qui « est à peu près la même chose que le martelage, puisqu’il consiste à marquer, de l’empreinte du marteau, tous les arbres, ou au moins la plus grande partie de ceux qu’on doit réserver pour les baliveaux. »

 

*Duhamel du Monceau fut nommé inspecteur général de la Marine en 1739. À ce titre, il s’intéressa à la corderie mais également à la production et à l’amélioration des bois destinés à la construction navale.

**Le balivage est l’opération consistant à convertir un taillis en futaie en sélectionnant des tiges d’avenir que l’on appelle baliveaux puis en les favorisant afin de produire du bois de qualité.

 

Visuels © D.R.

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