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Métiers de la merranderie

Étapes et savoir-faire de la merranderie

4 juillet 2024

Au fil de cette nouvelle série sur les métiers de la merranderie, nous vous ferons (re)découvrir chacune des étapes et savoir-faire de la profession à travers les postes de cubeur, tronçonneur, fendeur, scieur, déligneur, trieur, contrôleur et empileur de merrain.

 

Après la sélection des chênes en forêt par les acheteurs de Charlois, l’acte le plus important dans le travail du chêne à merrain, c’est la fente du bois. Un savoir-faire ancestral, une technique traditionnelle. Des métiers qui ne s’apprennent pas, mais qui se transmettent de génération en génération, comme c’est le cas au sein de la famille Charlois depuis le milieu du 17e siècle.

 

Un merrandier, c’est un homme avec un œil infaillible pour bien lire le fil du bois, fendre le billon en quartiers, éliminer le cœur, l’aubier et l’écorce pour extraire du bois du merrain de droit-fil. L’assurance d’une barrique étanche. Les étapes se suivent et ne se ressemblent pas. Depuis le parc où sont réceptionnées les grumes jusqu’à l’empilage du merrain sur les parcs d’affinage à l’air libre, plusieurs phases se succèdent : le cubage, le tronçonnage, la fente, le sciage, le délignage, le tri, le contrôle et l’empilage. C’est tout cela la merranderie.

 

La merranderie c’est tout un art, rien n’est laissé au hasard. Chaque étape conditionne l’étape suivante. On fonctionne par équipes et, c’est un travail d’équipe. Sur le parc à grumes, au départ, la première sélection. Chaque grume est marquée tous les mètres environ, à la bombe de peinture. Le tronçonneur donne ensuite le rythme en répartissant les billons sur les trois postes de fente. Des billons de longueurs différentes en fonction du type de fûts à produire. Les fendeurs marquent chaque billon sur le dessus à la craie à l’aide de cales. Des cales de grandeurs différentes en fonction de la taille de la bille de bois. Faire le plus de merrain possibles par quartier, c’est l’objectif. Le billon est d’abord fendu en deux quartiers, puis quatre dans le sens du fil du bois, toujours. Le sciage ensuite. Le quartier devient planche, avec des épaisseurs variant de 22 à 40 mm… Les chutes, ou connexes, rejoignent le tapis central vers une seconde vie*. On passe de la production à la transformation. Éliminer le cœur, l’aubier et l’écorce pour ne garder que la substantifique moelle du chêne. La tranche de chêne obtenue est un merrain en devenir, c’est l’étape du délignage. L’étape où la tranche devient merrain, toujours dans le sens du fil du bois. Ouvrir l’œil et le bon. C’est là que le rendement matière s’opère. C’est au millimètre près. En merranderie, c’est comme dans la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

 

 

*Charlois valorise 100% de sa matière première chêne

 

 

Photographie © Christophe Deschanel

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