En amont de la tonnellerie #2 – Le chêne de tonnellerie
Le chêne de tonnellerie est un matériau rare offert par la forêt. On distingue différentes essences de chênes utilisées pour l’élevage des vins et spiritueux. Le chêne français, le chêne européen et le chêne américain.
Les chênes français
Les chênes français, sessile (Quercus petraea) et pédonculé (Quercus robur), sont généralement réservés pour l’élevage des grands vins. Ces chênes poussent lentement et génèrent des grains de grandes finesses. Les chênes sessile et pédonculé n’ont pas les mêmes exigences écologiques. Le chêne pédonculé est très exigeant en lumière et supporte mal la concurrence. Il lui faut une sylviculture dynamique et des dépressages (réduction de la densité de l’essence objectif) dans le plus jeune âge et des éclaircies régulières, tous les 7 à 12 ans en moyenne, visant à sélectionner environ 70 beaux spécimens à l’hectare. Le chêne sessile quant à lui supporte mieux la concurrence. Les éclaircies successives viseront à sélectionner une centaine d’arbres d’avenir à l’hectare.
Enfin, pour les deux variétés, la production de chêne de qualité (grain fin à mi-fin, homogène) implique que le sylviculteur réalise des éclaircies fréquentes qui favoriseront le développement de houppiers amples et maintiendront une croissance en diamètre soutenue et régulière de l’arbre. Une gestion dynamique du sous-étage, par des éclaircies de taillis, est également nécessaire pour élever les arbres en évitant l’apparition de gourmands sur le tronc.
Le chêne européen
Les principales différences avec le chêne français viennent du terroir et du mode de sylviculture. Apportant moins de finesse, ils sont utilisés sur des vins de moyenne/haute gamme. Aujourd’hui, dans certains pays comme la Roumanie qui applique une sylviculture à la française depuis près d’un siècle, on commence à rencontrer de magnifiques spécimens.
Le chêne américain
Le chêne américain (chêne blanc ou Quercus alba), plus aromatique, est utilisé pour le bourbon, le whisky et pour des vins corsés. De par sa densité, il n’a pas besoin d’être fendu. Il est simplement scié et apporte donc un meilleur rendement.
Photographie © Christophe Deschanel