Amandine Lemetayer, technicienne de laboratoire chez Exact

23 avril 2026
6 min.

Rigueur et bonne humeur !

Au lendemain de cette rencontre, le vendredi 3 avril, Amandine a fêté ses dix années au sein du Laboratoire Exact. Une aventure commencée à Mâcon, ville dans laquelle le labo était implanté avant de rejoindre Murlin en 2016. Dix ans d’analyses, de tests, de protocoles. Dix années, et toujours la même motivation, la même envie, la même passion… communicative.

Blouse blanche, cheveux attachés, lunette de protection, gants… c’est la tenue de tous les jours d’Amandine. Elle est l’un des sourires du labo dont l’effectif est 100% féminin. Je la croise tous les jours, mon bureau est juste au-dessus du laboratoire, mais je ne la connais pas vraiment. Je la devine un peu timide, réservée. Sauf quand vous l’interrogez sur son travail. Elle ne s’arrête plus, la passion prend le dessus, la timidité s’efface, le sourire reste. « J’adore mon travail, je suis contente de venir le matin. Ce que je fais me passionne ». Pendant cette matinée en compagnie d’Amandine, je me suis revu enfant, en train de jouer avec ma valise du parfait petit chimiste… La journée démarre. Le rituel du matin : vérifier que les tests lancés la veille sont bien terminés, prendre connaissance des mails, analyser les résultats… et démarrer une nouvelle série de tests et d’analyses. Aujourd’hui, c’est le revêtement intérieur en bois d’un container qui transportera des fûts pour traverser les océans qui doit être analysé avant le départ, auquel s’ajoute d’autre part, un échantillon de vin.

Au pas de course

Chez Charlois, on optimise la matière. Au labo, c’est le temps qu’Amandine optimise. Et au pas de course. Jamais elle ne s’arrête. « Il y a toujours quelque chose à faire, on ne s’ennuie pas ». Pendant que le bois du container macère dans l’éther, Amandine prépare les neufs tubes qui seront utilisés pour détecter les phtalates, leur niveau, leur concentration, dans le vin rosé envoyé par un client. « Certaines de ces molécules sont tolérées jusqu’à une limite maximale fixée par la réglementation, c’est ce que nous allons vérifier ». À chaque échantillon, une molécule ou plusieurs molécules, à chaque molécule, un protocole. Peser, doser, sécher, traquer le défaut, son seuil, sa concentration. On parle de nano, de microgramme… de concentrations infinitésimales, imperceptibles à l’œil, mais potentiellement dangereuses pour l’homme, contaminant pour le merrain ou le fût. C’est un dialecte d’initiés avec ses codes, ses instruments. Au labo, c’est une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place. La propreté est de rigueur, la rigueur est partout. « Quelle que soit l’analyse qu’on nous demande, nous avons un devoir de résultat vis-à-vis de nos clients. On n’a pas le droit à l’erreur aussi infime soit-elle. Maintenir les paillasses propres, c’est le minimum, c’est comme les gants, c’est indispensable ».

Gendarmerie ou Chimie ?

On passe d’une pièce à l’autre, des flacons aux tubes à essais. On évapore le liquide, pour recueillir la substantifique moelle du plancher en bois à analyser. « Il arrive aussi que l’on nous demande de trouver l’origine d’un défaut, d’une contamination sans savoir de quelle molécule il s’agit. Alors on cherche, on analyse, on teste, on compare… et on finit toujours par identifier l’origine du problème. C’est passionnant ». C’est vers la biologie que la jeune prémerycoise souhaite s’orienter lors de ses études. Un bac sciences et techniques de laboratoire à Nevers, suivi d’un BTS Bio analyse et contrôle à Metz. Amandine poursuit son bonhomme de chemin au gré de ses envies, de ce qui l’anime. Étudiante studieuse et curieuse, elle décide de s’engager, en parallèle de ses études, dans une carrière de gendarme réserviste. « J’ai d’abord suivi une formation en bonne et due forme (beaucoup de sports, maniement des armes, sports de combats…) que j’ai beaucoup aimé, puis après j’ai été affectée en brigades pendant les vacances, les week-ends… Ça ne correspondait pas à ce que j’attendais, pas assez d’action. Au bout des cinq années, je n’ai pas renouvelé l’expérience ». Dans cet espace-temps, Amandine a décroché son premier job de technicienne de labo chez Biodiesel, à Prémery. « J’ai occupé ce poste trois ans et demi, c’était intéressant comme expérience. Puis, en 2016, j’ai rejoint Charlois et le Laboratoire Exact ».

L’importance du détail

En passant cette demi-journée avec Amandine, j’ai compris pourquoi il y avait autant de stylos et de feutres dans les poches de sa blouse. Les marqueurs pour écrire sur les flacons en verre, des feutres de différentes couleurs pour nommer les dossiers, un crayon quatre couleurs pour les relevés, les notes et annotations. Sans oublier une calculatrice, une montre bien réglée, des cahiers, des feuilles A4 pliées en quatre remplies de chiffres à reporter, des relevés d’heures, de minutes, voire de secondes… « C’est surtout pour ne rien oublier. Une journée comme aujourd’hui ça va (deux échantillons et deux analyses différentes), mais quand il y a 40 échantillons pour une analyse, et 10 autres pour une recherche, c’est plus sûr de noter », insiste Amandine tout en marchant en direction de la pièce des chromatographes en phase gazeuse. Ultime étape avant les résultats. « En fonction de ce que l’on recherche et du nombre d’échantillons, cette phase peut durer d’une heure à une nuit entière. Dans ce dernier cas, on les lance en fin de journée ». À ma montre il est 12h30, je n’ai pas vu le temps passer, j’ai quasiment fait 10 000 pas.

Questions à Amandine 

Amandine, vous venez de souffler vos dix bougies chez Charlois, au Laboratoire Exact, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Premièrement, le temps passe vite. Déjà dix ans ! Très honnêtement, je n’ai pas vu passer toutes ces années. J’adore mon métier, chercher, trouver des solutions, analyser des résultats… On travaille dans une bonne ambiance, studieuse et rigoureuse, c’est obligatoire pour nous, on n’a pas le droit à l’erreur. On a un cadre idéal de travail, des locaux lumineux, le matériel nécessaire pour bien travailler.

Dix ans, comme La Chênaie !

Exactement, j’étais dans les effectifs du labo lorsque la marque a été lancée. C’est une coïncidence !

Comment êtes-vous arrivée chez Charlois ?

Comme beaucoup, par bouche-à-oreille. Ma tante (Nicole Bonneau) travaille à la merranderie Nièvre Merrain. Elle m’a dit, il y a dix ans, qu’un laboratoire d’analyses, recherche et développement allait s’implanter ici, à Murlin. J’ai envoyé un cv, j’ai été convoquée pour un entretien, et voilà. J’ai commencé le 04 avril 2016, le labo était à Mâcon à l’époque. Je louais là-bas une chambre chez l’habitant. En septembre de la même année, le labo emménageait à Murlin. J’étais de la partie. Et je peux vous dire que ce n’est pas rien le déménagement d’un labo comme Exact.

Vous vivez à Prémery, vous travaillez à Murlin. Vous êtes attachée à la Nièvre ?

Oui beaucoup. À la Nièvre et à cette campagne où il fait bon vivre. J’estime avoir de la chance d’avoir un travail qui me plait, dans une région que j’adore et qui me donne l’opportunité d’élever mon fils dans un environnement agréable. J’aurais pu choisir de partir pour faire de la biologie, ce qui était mon souhait au départ, mais j’ai préféré rester et je ne regrette absolument pas, bien au contraire. J’adore mon métier, nous avons un cadre de travail idyllique et Charlois nous donne la possibilité d’effectuer un travail de grande qualité avec du matériel de pointe. Et il y a une belle ambiance dans l’équipe. Franchement, que demander de plus ?

Photographies © Christophe Deschanel

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