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Arbres et forêts dans les arts

Auprès de mon arbre de Georges Brassens

21 octobre 2021

Le 22 octobre 2021 marque le centenaire de la naissance de Georges Brassens. Véritable poète de la chanson française, Brassens maniait la langue française avec virtuosité et ses vers résonnent toujours, malgré sa disparition il y a quarante ans, aux oreilles de bon nombre d’entre nous.

 

Les arbres, et de manière générale les mondes animal et végétal, occupent une place importante dans l’œuvre de Brassens comme en témoigne la chanson Auprès de mon arbre qu’il dédie en 1955 à son « copain le chêne » et dans laquelle il se compare à l’arbre dont il « était du même bois » :

 

J’ai plaqué mon chêne comme un saligaud
Mon copain le chêne, mon alter ego
On était du même bois, un peu rustique, un peu brut
Dont on fait n’importe quoi sauf naturellement les flûtes
J’ai maintenant des frênes, des arbres de Judée
Tous de bonne graine, de haute futaie
Mais toi, tu manques à l’appel, ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël, mon mât de cocagne

Auprès de mon arbre je vivais heureux
J’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre je vivais heureux
J’aurais jamais dû le quitter des yeux

Je suis un pauvre type, j’aurais plus de joie
J’ai jeté ma pipe, ma vieille pipe en bois
Qu’avait fumé sans s’fâcher, sans jamais m’brûler la lippe
L’tabac d’la vache enragée dans sa bonne vieille tête de pipe
J’ai des pipes d’écume ornées de fleurons
De ces pipes qu’on fume en levant le front
Mais j’retrouverai plus ma foi dans mon cœur ni sur ma lippe
Le goût d’ma vieille pipe en bois, sacré nom d’une pipe

Auprès de mon arbre je vivais heureux
J’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre je vivais heureux
J’aurais jamais dû le quitter des yeux

[…]

 

Retrouvez ici l’intégralité des paroles d’Auprès de mon arbre

 

Deux autres chansons de Brassens, Le Grand chêne et L’amandier, sont également dédiées au monde végétal. Dans ces textes, Brassens y regrette la disparition des deux arbres, l’un changé en poudre et l’autre en bois de feu. Concernant le chêne qui périt dans la cheminée, Brassens conclut en s’interrogeant sur le fait de savoir si l’arbre possède une âme : « Le curé de chez nous, petit saint besogneux / Doute que sa fumée s’élève jusqu’à Dieu / Qu’est-c’qu’il en sait, le bougre, et qui donc lui a dit / Qu’y a pas de chêne en paradis / Qu’y a pas de chêne en paradis ».

 

Enfin, notons que le poète s’est très tôt intéressé au mot « arbre ». Dans un texte de jeunesse dans lequel il s’adresse à la Camarde, figure allégorique de la Mort, Brassens regrettait en effet l’absence de mots rimant avec arbre : « Si seulement j’eusse eu d’autres rimes en arbre » que le mot « marbre ». Une absence de rimes qui explique probablement le fait que les arbres n’aient pas occupé une place encore plus importante dans l’œuvre poétique de Georges Brassens.

 

 

 

Photographie © Michel Le Tac / Paris Match

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