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Colbert et la Nièvre

ACTE VI La fin du voyage

4 novembre 2021

À la fin du mois d’octobre 1660, Colbert est sur le point d’achever son second voyage dans le duché de Nevers. Devant l’ampleur de la tâche qu’il lui reste à accomplir, Colbert prévient son mentor qu’il sera contraint de revenir l’année suivante dans le duché pour mener à bien sa mission : « Et quoyque je connoisse fort bien l’avantage que je reçois de ne me pas éloigner de Vostre Éminence, je ne laisse pas de luy dire que si elle aime ce duché, il faut travailler, dès cet hyver, au restablissement de la pairie et qu’elle me bannisse d’auprès d’elle les mois d’aoust et septembre de l’année prochaine. »

 

La lettre envoyée par Colbert le 1er novembre 1660 depuis la ville de Donzy marque la fin de la correspondance nivernaise entre les deux hommes. Colbert y annonce notamment son prochain retour à Paris où il pourra « luy dire en détail tout ce qui s’est passé dans [s]on voyage et tout ce qu’il est possible de faire pour le restablissement de cette grande terre. »

 

Colbert ne reviendra plus dans le duché pour le compte de Mazarin car ce dernier décède le 9 mars 1661 en léguant son immense fortune à ses neveux et nièces. La plus grande partie de l’héritage revient au marquis de La Meilleraye, duc de Mazarin depuis son mariage avec Hortense Mancini. Quant au duché de Nevers, il échoit à Philippe Mancini.

 

Colbert poursuit sa carrière et devient intendant des finances le 8 mars 1661. Il convainc alors Louis XIV de l’importance stratégique de la ressource en bois et de la nécessité de remettre en ordre les forêts du domaine royal afin d’en augmenter les revenus. Dès le 15 octobre 1661, un arrêt du conseil ordonne la réformation générale des forêts. L’Ordonnance de Louis XIV sur le fait des Eaux et Forêts, rédigée sous l’impulsion de Colbert, est promulguée quelques années plus tard, le 13 août 1669, et instaure pour l’exploitation et la conservation des forêts de la Couronne des règles précises tout en soumettant l’exploitation et l’administration des bois des laïcs et des ecclésiastiques à un contrôle étroit des officiers du Roi.

 

 

 

Visuels : Portrait de Jean-Baptiste Colbert par Philippe de Champaigne et extrait de la carte de Cassini.

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