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Colbert et la Nièvre

ACTE V La difficile réorganisation du duché de Nevers

7 octobre 2021

Intendant privé de Mazarin, en charge de la gestion de ses affaires et de son immense fortune, Colbert prend possession du duché de Nevers pour le compte du cardinal en 1659.

 

À l’automne 1660, Colbert entame un second voyage dans le duché afin de mettre en place les réformes nécessaires à sa réorganisation et à sa mise en valeur.

 

Arrivé sur place, il adresse une lettre à Mazarin le 14 octobre 1660 dans laquelle il ne tarit pas d’éloges sur le potentiel du duché : « Tant plus j’approfondis les affaires de ce duché, et tant plus j’y vois de grandes et belles choses à faire, non seulement pour l’augmentation du revenu, mais mesme pour tout ce qui peut composer la beauté et la grandeur d’une terre qui sera assurément la plus belle et plus considérable terre sujette qui soit en Europe. » Colbert fait notamment ici référence au potentiel forestier considérable du duché dont il avait déjà pris conscience en 1659 en engageant la réformation de ses bois et forêts.

 

À l’enthousiasme des premiers jours succède néanmoins une certaine désillusion puisque dès le 17 octobre 1660, alors qu’il est en visite dans la châtellenie de Clamecy, Colbert fait état des problèmes relatifs au rétablissement des droits d’usage usurpés par ceux qui « se sont fortifiés […] et ont pris la hardiesse de se défendre » face au nouveau pouvoir ducal.

 

Quelques jours plus tard, de retour à Nevers, Colbert dresse la liste de ce qui lui reste à réaliser pour mettre en valeur le duché et en augmenter les revenus grâce, notamment, aux bois et forêts : « Examiner tout ce qui a esté fait pour la réformation générale de toutes nos forests, et la faire continuer ; les visiter soigneusemenet pour voir si elles ont esté bien conservées cette année, et c’est ce que j’ay desjà fait en partie ».

 

Une réforme engagée il y a plus de 360 ans et qui a grandement participé à la conservation et au développement des massifs forestiers de la Nièvre dont les chênaies fournissent de nos jours des bois de première qualité dont la finesse du grain est particulièrement propice à la fabrication des fûts de chêne.

 

 

 

Visuel : Portrait de Jean-Baptiste Colbert par Philippe de Champaigne et extrait de la carte de Cassini.

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