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Abécédaire des grandes chênaies de France – Saint-Palais, le trésor des tonneliers

29 octobre 2019

Paru en octobre 2018, le livre Le Chêne en majesté, de la forêt au vin met en lumière le concept de terroir forestier : un sol et une exposition, une pluviométrie particulière, un ensoleillement spécifique, auxquels il faut ajouter un type d’essences, une densité de plantation et un âge moyen, qui vont influencer le grain et la qualité du bois. La valeur d’une haute futaie de chênes dépend donc de son terroir et de la manière dont elle a été « conduite », dirait un vigneron, ou « gérée », dit l’expert forestier.

 

Le livre, richement illustré de photographies, dresse notamment, à travers un abécédaire forestier offrant aux lecteurs de nombreux détails géographiques, mésoclimatiques, géologiques et historiques, la liste de vingt-six chênaies parmi les plus belles de France, à l’image de la forêt de Saint-Palais.

 

 

Forêt peu connue, mais forêt d’exception, Saint-Palais, située dans le Cher, fait pâle figure, avec ses 1 929 hectares, par rapport au géant qu’est la forêt d’Orléans située un peu plus au nord. Mais son peuplement en chênes, sessiles (en majorité) et pédonculés, à 86 %, avec 9 % de hêtres, positionne cette forêt domaniale parmi les plus remarquables. Les 807 hectares des « massifs forestiers et rivières du Pays-Fort » sont d’ailleurs classés en zone Natura 2000. L’ONF, qui est en charge de sa gestion, veille à ne couper que l’accroissement, c’est-à-dire 5 à 6 mètres cubes par hectare et par an, soit au total 10 500 mètres cubes. « Les chênes abattus ont 180 ans et même 230 ans dans les îlots de vieillissement », précise Thierry Gautrot, le responsable ONF de l’unité territoriale de Bourges.

 

Ces îlots de vieux bois incluent des îlots de sénescence où on laisse mourir quelques arbres afin de préserver la biodiversité et d’offrir un habitat naturel aux oiseaux xylophages ainsi qu’aux insectes cavernicoles. La régénération naturelle est toujours privilégiée, avec des coupes régulières, tous les 8 ou 10 ans selon l’âge des chênes, qui permettent une mise en lumière progressive du sol et l’installation d’un semis. Composée de 138 parcelles d’une surface moyenne de 14 hectares, cette forêt atlantique est en « fin de conversion ». Dans le langage ONF, cela correspond au passage de taillis sous futaie (TSF) à celui de futaie régulière. Une opération qui dure environ un siècle et demi, soit depuis 1847 pour Saint-Palais. Cette forêt peu fréquentée est d’autant plus appréciée des promeneurs de Bourges et d’Henrichemont.

 

 

Retrouvez l’intégralité de l’abécédaire des grandes chênaies de France, et bien plus encore, dans Le chêne en majesté, de la forêt au vin de Sylvain Charlois et Thierry Dussard.