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Le Chêne

Abécédaire des grandes chênaies de France – Paimpont, alias Brocéliande

3 septembre 2019

Paru en octobre 2018, le livre Le Chêne en majesté, de la forêt au vin met en lumière le concept de terroir forestier : un sol et une exposition, une pluviométrie particulière, un ensoleillement spécifique, auxquels il faut ajouter un type d’essences, une densité de plantation et un âge moyen, qui vont influencer le grain et la qualité du bois. La valeur d’une haute futaie de chênes dépend donc de son terroir et de la manière dont elle a été « conduite », dirait un vigneron, ou « gérée », dit l’expert forestier.

Le livre, richement illustré de photographies, dresse notamment, à travers un abécédaire forestier offrant aux lecteurs de nombreux détails géographiques, mésoclimatiques, géologiques et historiques, la liste de vingt-six chênaies parmi les plus belles de France, à l’image de la forêt de Paimpont.

 

La forêt de Paimpont porte plusieurs noms, selon que l’on parle français ou breton (coat Pempont), et ceux qui préfèrent la légende au cadastre la nomment Brocéliande. Forêt mythique imaginée par Chrétien de Troyes à la fin du XIIe siècle, cette dernière résonne toujours de l’écho des exploits des chevaliers de la Table ronde et des aventures de la fée Morgane, la demi-sœur magicienne du roi Arthur. Les sites mégalithiques, dont le tombeau de Merlin, donnent quelque poids à la réalité historique. Tout comme le chêne à Guillotin (1 000 ans et 3 mètres de diamètre), qui aurait abrité un prêtre réfractaire pendant la Révolution.

Le chêne des Hindés, les hêtres de Pontus et du Voyageur font aussi partie des arbres remarquables de cette forêt qui s’étend sur 9 000 hectares. Pour l’essentiel privée et seulement ouverte au public du 1er avril au 30 septembre, elle appartient à une vingtaine de propriétaires différents, dont les descendants de Louis Levesque, qui l’avait achetée au comte de Paris en 1875. La partie domaniale en couvre à peine 10 %, au nord-est, et est gérée par l’ONF. L’ensemble est composé pour moitié de feuillus (30 % de chênes et 15 % de hêtres) et pour l’autre moitié de résineux. L’importance des pins s’explique par les sols pauvres, de landes et de tourbières, qui rendent le massif vulnérable aux incendies. Le relief porte l’altitude jusqu’à 250 mètres et creuse parfois des vallons encaissés comme le Val sans Retour, à l’ouest, tapissé de schistes rouges.

Paimpont n’est pas très demandée par les tonneliers, excepté par Jean-Baptiste Le Floch, installé à Douarnenez. « Je fais des barriques de 400 litres pour la distillerie Warenghem de Lannion, qui a un excellent whisky breton, Armorik. Je travaille aussi avec Marc Pasqualini, de l’ONF, sur de très beaux chênes de la forêt finistérienne du Cranou. » La forêt de Teillay, 2 300 hectares au sud-est de Rennes, également privée, est en revanche très prisée par les merrandiers, qui apprécient le grain fin de ses chênes (82 %). Même si Teillay signifie « lieu planté de tilleuls » !

 

Retrouvez l’intégralité de l’abécédaire des grandes chênaies de France, et bien plus encore, dans Le chêne en majesté, de la forêt au vin de Sylvain Charlois et Thierry Dussard.

 

 

 

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